théâtre

Ce qui demeure

Ce qui demeure  (2018)
Entre mars et septembre 2015, Élise Chatauret a entretenu des conversations avec une amie âgée de 93 ans. Un récit calé sur le rythme d’un siècle de grande et petite histoire. « Ce qu’elle me dit est ce qu’elle souhaite laisser après elle, confie-t-elle. Je m’interroge de mon côté sur ce qui échappe, affleure à la surface des mots.

Qu’est-ce qui demeure ? » La mémoire est un montage naturel par excellence. Elle définit sa chronologie imprégnée d’images, de sons qu’elle met bout-à-bout avec sa propre logique. Imaginé comme un documentaire, le spectacle suit le fil sensible et non linéaire de la mémoire. À partir de la page blanche, deux comédiennes et un musicien reconstruisent ce qui demeure de l’histoire de cette vieille femme abandonnée à sa naissance par sa mère, devenue à son tour mère puis grand-mère. À l’instar de l’historien et philosophe allemand Aby Warburg, l’auteure et metteure en scène adopte la démarche de juxtaposition et conçoit son propre atlas. De cette écriture plurielle apparaît un paysage d’images empruntées à l’histoire de l’art et à l’anthropologie. Dans les interstices, le spectateur se fait son histoire et recrée une chaîne de sens à partir de ce qu’il voit, de ce qu’il entend. Et le cycle de la mémoire peut recommencer.

Publié le 04/04/2018


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