classique

Orchestre national de Lyon Beethoven : Symphonie héroïque

Ils nous viennent tous deux du Nord : la violoniste de Norvège, le chef de Finlande. Vilde Frang, c’est l’évidence du phrasé, un mélange de naturel et de clarté qui fait oublier les âpres exigences de la virtuosité ; Osmo Vänskä, c’est un engagement indéfectible pour la musique et les musiciens, à la tête de l’Orchestre du Minnesota depuis 2003.

Ils offrent une affiche de rêve pour le Premier Concerto de Bartók, redécouvert en 1956 seulement, à la mort de sa dédicataire, la violoniste Stefi Geyer. Le tout jeune compositeur avait fait de cette oeuvre la déclaration de son amour brûlant, passion non partagée – ce qui signa l’arrêt de mort de la partition. Le talent de Vilde Frang ravivera le souvenir de la séduisante violoniste de vingt ans alors que défileront les images de cette histoire d’amour, comme dans un vieux film nostalgique en noir et blanc.
Autre film avec Lieutenant Kijé de Prokofiev, écrit pour accompagner de ses timbres mordants une saisissante description cinématographique de l’absurdité bureaucratique.
La Troisième Symphonie de Beethoven traduit elle aussi une désillusion, celle de l’auto-sacre de Bonaparte. Pied de nez triomphal aux hésitations thématiques et formelles du premier mouvement, ses grandioses «variations héroïques» viendront clore ce programme placé sous le signe de l’engagement de l’être.

Publié le 13/07/2017