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Alain Damasio et Yan Péchin « Entrer dans la couleur »

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Alain Damasio et Yan Péchin « Entrer dans la couleur » (2021)
Alain Damasio, met ici en bouche et en cri son dernier roman, « Les Furtifs », dans une écriture physique et «poéthique», toute d’assonances et d’échos rythmiques et fait bruisser dans ses textes son goût de la furtivité, des voltes et du vivant face à cette société de contrôle qui nous trace tout en nous sécurisant pour mieux nous anesthésier.

À la guitare électrique et acoustique : Yan Péchin, musicien-clé d’Alain Bashung, qui a accompagné aussi bien Rachid Taha que Brigitte Fontaine, Thiéfaine, Tricky, Miossec ou Higelin… Peintre en textures sonores, dont les doigts sont pinceaux, Yan est l’un des tous derniers Guitar Hero de l’Hexagone. Un monstre capable de sortir de son manche une balade folk, un drone sourd, une nappe acide ou un riff punk, un refrain lumineux puis une mélodie rock, en s’offrant toujours des salves d’improvisation comme si pour lui, les seules notes qui comptent n’étaient pas encore écrites, mais inscrites dans ses nerfs comme un cri qui crépite et qu’il va libérer, à la gratte. Pour lui, la seule partition, c’est le texte.
Au texte et à la voix justement : Alain Damasio, l’auteur culte de la SF française, triple détenteur du Grand Prix de l’Imaginaire, qui en seulement deux romans — la Horde du Contrevent et Les Furtifs, — a dépassé les 500 000 lecteurs et conquis le public et la critique. Figure engagée, il met ici en bouche et en cri son écriture physique et « poéthique », toute d’assonances et d’échos rythmiques, et fait bruisser dans ses textes son goût de la furtivité, des voltes et du vivant face à cette société de contrôle qui nous trace tout en nous sécurisant pour mieux nous anesthésier dans nos technococons.
Issus pour beaucoup des Furtifs, les textes ciselés du concert, politiquement très habités, traversent comme une lame les enjeux de notre époque. Au fil des morceaux, ils tissent la trame de ce renouement au vivant que Damasio appelle et que Péchin opère.

Récits, slams ou manifestes, tous deux nous poussent à sortir de nos résignations pour entrer avec eux dans la couleur.
« Être moins celui qui brûle que celle qui bruisse » et faire toucher du doigt et de la voix cette intuition : « s’il existe une éthique, en tant qu’être humain, c’est d’être digne de ce don sublime d’être vivant. Et d’en incarner, d’en déployer autant que faire se peut les puissances ».
Réunis sur scène, Damasio & Péchin portent le métal des mots et des notes au point d’incandescence, là où la voix devient liquide, et les sons des nappes subtiles de lave qui trouvent leur voie dans nos têtes et nos veines.

 

Publié le 16/07/2021


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