classique

Manu Dibango "Safari Symphonique"

Six décennies après des débuts bruxellois et congolais, le saxophoniste figure toujours à 86 ans l’un des exemples les plus parfaits du métissage des musiques africaines avec le jazz, la soul et la francophonie.

Dans l’un de ses éclats de rire désormais légendaires, le plus français des Camerounais annonce cette fois « un safari musical retraçant toutes les influences qui m’ont nourri. Un Safari Symphonique ! ». Poussé au climax par les treize musiciens du Soul Makossa Gang, alangui sur les cordes de l’Orchestre national de Lyon, Papagroove déroule la partition de sa vie entre afro jazz, funk pilipili, vibrations makossa, afrobeat, rumba surannée et un bouquet de madeleines nostalgiques. « Pas trop de nostalgie ! », précise le vieux lion. Comment ne pas se souvenir pourtant qu’avec Soul Makossa en 72, Manu Dibango impulsait l’émergence de la world music. Pour la première fois, l’Afrique pointait alors son nez à l’Apollo de Harlem. Invité en 2018 sur l’album de la bassiste Manou Gallo, Manu convie en retour à son safari l’incroyable musicienne d’Abidjan. Sur son album Afro Groove Queen paru en septembre dernier, l’Ivoirienne taquine par ailleurs la basse avec Bootsy Collins. L’autre invitée de l’infatigable patriarche est Flavia Coelho. La chanteuse native de Rio se balade d’une voix charnelle et joyeuse, parfois enfantine, du forro au ragga sur son troisième album Sonho Real.

Publié le 10/05/2019


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